Actualités

Formation La PAC Kezako ? – samedi 13 avril 2019

FORMATION

des Amis de la Conf’, du Réseau AMAP IdF, Terre de Liens IdF

Samedi 13 avril 2019 (9h30 – 12h30)
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LA PAC, QUESAKO?

Quand : le samedi 13 avril 2019 de 9h30 à 12h30 (accueil à 9h)
Où : au siège de la Confédération Paysanne, 104 rue Robespierre, 93170 BAGNOLET

Pour plus d’infos et vous y inscrire, c’est SUR CE LIEN !

(inscription obligatoire souhaitée avant le 31 mars 2019 – la formation est maintenue à partir de 8 inscrits)


Infos pratiques

  • La formation est gratuite et ouverte aux adhérent·e·s des Amis de la Confédération Paysanne, aux amapien·ne·s des groupes AMAP, paysan·ne·s en AMAP, membres du Réseau AMAP IDF (à jour de leur cotisation 2019), et aux membres Terre de Liens.
  • Accès en métro : ligne 3 arrêt « Gallieni » et ligne 9 arrêt « Robespierre »

Pour toute précision supplémentaire, vous pouvez contacter Lucile : contact@lesamisdelaconf.org ou au 01 43 62 18 70

Si vous n’êtes pas personnellement intéressé.e ou disponible, n’hésitez pas à transférer largement cette invitation !
Vous pouvez retrouver toutes nos formations ici.

Semaine de l’agriculture paysanne – du 19 au 28 mars 2019 –

Chaque année, des associations étudiantes de grandes écoles parisiennes (SciencesPo, AgroParisTech, Institut de Géographie, Polytechnique…), en partenariat avec les Amis de la Conf’ et la Confédération paysanne, organisent la Semaine de l’Agriculture Paysanne, afin de mieux définir et cerner les enjeux liés à l’agriculture paysanne : d’autres modes de production, respectueux des sols et des humains, des aliments sains et assurant des revenus décents aux paysans producteurs. Durant cette semaine, une série d’évènements est organisée, avec des chercheurs, des étudiants et des paysans qui viennent parler de leur métier !

 

Découvrez le programme ici !

Retrouvez toute l’actualité là : https://www.facebook.com/SemaineAgriculturePaysanne/

 

Les thématiques abordées seront :

Permaculture et Agri Paysanne : Conciliables ou Incompatibles?

Mardi 19 mars à l’AgroParisTech : https://www.facebook.com/events/564103184096267/

La Grande Distribution dans un système agricole durable ?

Lundi 25 mars à Sciences Po : https://www.facebook.com/events/2275208002727366/

Balade urbaine avec Guerrilla Gardening

Mardi 26 mars, départ 18h30 au 28 rue des St Pères : https://www.facebook.com/events/572536919906083/

 

Deux autres évènements sont à venir sur cette page.

Marchés paysans mars 2019

Les marchés paysans reviennent pour le plus grand bonheur de nos papilles !

Rendez-vous à Montreuil les 29 et 30 mars : https://www.facebook.com/events/2557615950978493/

Et à Asnières le 31 mars : https://www.facebook.com/events/3010396882319680/

Ce sera l’occasion de rencontrer des membres de la Confédération paysanne qui vous parleront de leur métier, de leur choix de pratiquer l’agriculture paysanne et de découvrir des produits de qualité élaborés dans le respect des hommes et de leur environnement.
Légumes, viande bovine et ovine, pains, viennoiseries et pâtisseries, confitures, gelées, conserves paysannes, jus de pommes, miels, pain d’épices, légumes et légumineuses,
cidre fermier, bières artisanales, huîtres, vin, savons artisanaux, huiles essentielles, hydrolats, condiments divers, noix, fromages et yaourts, poulets, canard …

Il y aura aussi des animations pour petits et grands. Un beau programme en perspective, et plus de précisions très bientôt. Venez nous voir !

L’agriculture et l’alimentation sont l’affaire de tous !

Agenda militant janvier- février- mars 2019

samedi 26 janvier 2019 : Projection-débat « Agriculture paysanne : solution au dérèglement climatique ? »

A Rocherfort (17).

En présence de Benoit Biteau Paysan Agronome, Jean François Périgné Trésorier National de la Confédération Paysanne et témoin dans l’affaire du Siècle, De Eric Kerneïs directeur de l’INRA de Saint Laurent de la Prée, de François Gastal de Aclimaterra, de la LPO.

Plus d’informations ici : https://www.facebook.com/events/2447862452108115/

samedi 26 janvier 2019 : Formation « Contexte foncier en
Ile-de-France : repères et clés de compréhension », à Paris (75).

formation organisée en partenariat entre Les Amis de la Conf’, le réseau AMAP IDF et l’association Terre de Liens IDF.

Horaires et lieu : Accueil café 14h, formation 14h30-18h30

au Pavillon de l’eau, 77 avenue de Versailles, 75016 Paris, M° Mirabeau ou RER C Javel

Plus d’infos et inscriptions : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScv_qZlcw56uiEoVqw2iDsA8OsIhaHsuFQ_KpUWnkIo5u27aw/viewform?usp=sf_link

Du 20 au 27 janvier : Forum social local du Morbihan

Co-organisé par les Amis de la Conf’. Venez nous voir sur notre stand !

Plus d’infos ici : https://fsl56.org/2019/programme

mercredi 30 janvier 2019 : Projection du film « Pour quelques Grains d’Or », puis échange sur la question de l’eau, en présence d’Antoine Pariset, porte parole et candidat aux élections chambre d’agriculture dans le Rhône. A Villeurbanne.

En présence de Jean-François Périgné, d’Antoine Pariset de la Conf’ Rhône, la Coordination Eau Bien Commun et le Réseau AMAP AURA.

Plus d’infos ici : https://www.facebook.com/events/741272716256601/

 

mercredi 20 février 2019 : Formation « Terre de liens, je t’explique ! », à Paris (75).

formation organisée en partenariat entre Les Amis de la Conf’, le réseau AMAP IDF et l’association Terre de Liens IDF.

Horaires et lieu : Accueil café 14h, formation 14h30-18h30 19h-21h30 Apéro-dinatoire partagé

Où : Maison de la vie associative et citoyenne du Marais, 5 rue Perrée, Paris

Plus d’infos et inscriptions : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdZLQCcyD-PGRtdeFRYsdcbbQCkGM3ZpZSn5IKjjtkW7puSzA/viewform?usp=sf_link

Du 19 mars au 28 mars 2019 : Semaine de l’Agriculture paysanne dans les Grandes Ecoles (Ile-de-France).

Toutes les infos ici : https://www.facebook.com/SemaineAgriculturePaysanne/

vendredi 29 mars et samedi 30 mars 2019 : Marché paysan, à Montreuil (93)

Plus d’infos ici : https://www.facebook.com/events/2557615950978493/

dimanche 31 mars 2019 : Marché paysan, à Asnières (92).

Plus d’infos ici : https://www.facebook.com/events/3010396882319680/

samedi 13 avril 2019 : Formation « La PAC, quesako? », à Bagnolet (93).

formation organisée en partenariat entre Les Amis de la Conf’, le réseau AMAP IDF et l’association Terre de Liens IDF.

Horaires et lieu : de 9h30 – 12h30, dans les locaux de la Confédération paysanne, au 104 rue Robespierre  93170 Bagnolet

Plus d’infos et inscriptions ici : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScxkKTyV9sXTqZw_1ynVS5pHEP1lo3pIWhIz81KIuYN3eEMvA/viewform?usp=sf_link

Des FORMATIONS gratuites pour nos adhérents, cap sur 2019 !

En 2017, nous avions, avec nos partenaires des AMAP Ile de France  et de Terre de Liens Ile de France,  lancé une campagne de formation,  avec des interventions de qualité portant sur les structures du monde agricole, le foncier, le passage au bio, les politiques alimentaires et d’autres sujets. Depuis, nous continuons à les développer et à en proposer de nouvelles !

 

Cap sur 2019 !

Nous vous invitons donc à prendre connaissance de toutes les dates des formations, en cliquant sur le catalogue de formation : 🔽🔽

 

N.B : Certaines dates seront confirmées très prochainement. Nous les mettrons à jour sur cette page.

 

 

[Projection-débat à Villeurbanne – 31 janvier 2019] Quelle agriculture pour quelle eau ?

Une vingtaine de personnes étaient présentes  pour cette soirée à la MJC de Villeurbanne, salle de projection « La Balise 46 « , à l’occasion de la projection-débat autour du film « Pour quelques grains d’or », tourné en 2009 en Charente maritime.
Cette soirée a donné lieu à des échanges très nourris avec la salle et des discussions qui se sont prolongées autour d’un verre au bar de la MJC !
Alors que la sécheresse a durement frappé de nombreuse fermes cet été encore, se pose la question de l’usage de l’eau en agriculture. Quels sont les besoins en eau selon les types d’agriculture, quelles sont les pratiques agricoles vertueuses pour la qualité de l’eau ?
Retour sur cette soirée en présence de Yannick Bellat pour la Coordination Eau Bien Commun, du Réseau AMAP AURA par son Président Jean-François Baudin et Jean-Michel Defrance, administrateur dans l’Ain, de la Confédération paysanne 69 représentée par Antoine Pariset, maraîcher et tête de liste aux élections chambre, et impliqué dans le collectif paysan et la coordination des opposant-e-s à l’A45, et Jean-François Périgné, trésorier national de la Confédération paysanne.
  • Sur le film
Dans cette région, les agriculteurs produisent du maïs qui nécessite beaucoup d’eau. En été, l’irrigation des cultures consomme jusqu’à 80% des réserves d’eau.
L’urbanisation et les cultures n’ont cessé d’assécher les zones humides ainsi que les nappes phréatiques qui sont également polluées par les nitrates dû au ruissellement des pesticides qui, certaines années, ont rendu malades et ont ravagé les élevages d’huitres situés à l’embouchure avec l’Océan Atlantique.
Parmi les principales problématiques liées au maïs et qui ont été dénoncées lors de cette soirée on retrouve la fixation des prix des céréales en bourses ainsi que le contrôle d’une majorité des semences par des organismes tel que Monsanto/Bayer qui décident également de la manière dont ces semences doivent être cultivées (traitements au glyphosate vendu par les mêmes firmes).
De plus, ce maïs est très gourmand en eau alors que les réserves du territoire ne cessent de diminuer et qu’aucune solution viable n’a été décidée, bien que des propositions soient faîtes, pour assurer la pérennité de cette ressource. En effet, la construction de réservoirs bétonnés ne représente pas une solution convenable et durable.
Enfin, les récoltes de maïs sont principalement utilisées pour nourrir les animaux en batterie, à condition d’y ajouter des apports protéiques comme des farines animales en grande partie importées des Etats-Unis… Bienvenu dans l’empire de la consommation.
Mais des solutions existent. En France, il y a l’exemple de Vittel qui, depuis un moment déjà, a compris l’importance de l’eau et a mis en place un accord entre la ville (par le biais de Maires très impliqués notamment) et les agriculteurs afin de conserver une eau de qualité et non polluée qui ne nécessite donc pas de traitement supplémentaire. De plus, on retrouve ce système dans d’autres villes du globe comme Munich et New-York par exemple ce qui prouve que c’est un système viable.
Concernant les cultures, il faudrait fortement réduire la production de maïs qui est à l’origine une plante tropicale qui consomme beaucoup d’eau au profit de cultures mieux adaptées à notre territoire, qui sont moins gourmandes en eau et qui demande moins, voire aucun, traitement aux produits phytosanitaires, et qui possèdent des applications similaires au maïs (nourrir le bétail) comme la luzerne qui est plus riche en protéines ou le sorgho qui, à surface égale mais sans compter le temps de travail, est plus rentable à cultiver que le maïs.
Après cette projection ciblée sur le cas de la Charente-maritime, plusieurs intervenants venus de différentes régions ont apporté leur éclairage afin d’avoir une vision plus générale.  Ils ont également apporté des réponses et des informations supplémentaires aux personnes venues assistées à cette soirée.
Parmi ces informations, nous avons notamment appris que :
Des sources de la Vallée d’Azergues ont été coupées pour être ensuite déviées et reliées à la Saône dans le but de prévenir les risques de sécheresse. Et certains agriculteurs sont obligés d’utiliser l’eau polluée du Rhône pour irriguer leurs cultures car les sources dont ils dépendaient ont été asséchées par les forages créés pour alimenter les piscines des habitants. Alors qu’il suffirait de repenser notre gestion du cycle de l’eau ainsi que son utilisation. Les exemples où ce cycle est réadapté aux ressources disponibles mettent en lumière la résilience de l’environnement, et une nette amélioration de la quantité et qualité de l’eau avec le temps.
De plus, d’autres sources en AURA ont été fermées par les agences de santé car des normes toujours plus poussées amènent à demander l’installation de systèmes de traitement trop coûteux et donc impossible à mettre en place.
Par ailleurs, la situation est de plus en plus rude pour certains agriculteurs bénéficiant autrefois de l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN). Cette aide, qui vise à soutenir les agriculteurs installés dans des territoires où les conditions de production sont plus difficiles qu’ailleurs, du fait de contraintes naturelles ou spécifiques, a été retirée à certains agriculteurs pour être reversée à la plaine de l’Ain dans le but de prévenir les risques de sécheresse qui s’intensifient avec les années.
Au niveau de l’agglomération lyonnaise, il suffirait de mettre en place une plateforme afin d’organiser la filière des fermes à taille humaine car ces dernières présentent déjà une diversification des productions leur permettant d’être en mesure de nourrir l’agglomération.
La PAC est là pour donner des outils d’orientation à l’échelle européenne qui sont ensuite adoptés ou non par chaque pays.
En France, c’est notamment le rôle de l’Etat et de la FNSEA. Or, lors de ce débat, les intervenants ont dénoncé le fait que la FNSEA ne cherche pas à satisfaire réellement les agriculteurs et préfère conserver le modèle actuel avec des rendements plafonnés plutôt que d’être force de progrès en soutenant le développement d’une agriculture biologique qui présente pourtant de plus en plus d’aspects positifs (production et profits qui s’améliorent avec le temps ; respect de l’environnement ; santé des producteurs et des consommateurs ; etc).
Enfin, un intervenant du collectif Eau-bien commun AURA a rappelé qu’en France, les factures d’eau payées par les citoyens permettent de payer la quasi-totalité du système de gestion de l’eau, et donc que l’on devrait pouvoir décider de la manière de gérer l’eau que nous utilisons et que nous consommons chaque jour. Et pourtant, dans beaucoup de cas, ce ne sont pas les villes mais des firmes (Véolia ; Suez ; etc) qui sont chargées de cette gestion.
Et pour faire face à cela il est déjà possible d’agir à son échelle, par exemple en organisant ou en participant à des initiatives citoyennes avec des associations et des gestionnaires de l’eau (représentants de firmes et autres gestionnaires) afin de connaitre les méthodes de gestion utilisées et d’être en mesure de donner son avis. Nous avons notre mot à dire sur cette affaire !
Un remerciement tout spécial à la MJC pour leur accueil, grâce à Hülya YÜKSEL Coordinatrice-Animatrice – Pôle Développement Culturel et Médiation, Jérôme ALLAIRE Régisseur-technicien intermittent LA Balise 46, Aurélien COISSARD Attaché d’administration & logistique.
Merci également à la FNE de l’Ain pour la restitution de ces échanges !

[Projection débat à Rochefort – 26 janvier 2019] L’agriculture paysanne : solution au réchauffement climatique ?

Quelques 70 personnes étaient présentes pour ce premier rendez-vous de l’année autour d’une projection-débat, organisée par les Amis de la Conf’ 17 au Palais des Congrès à Rochefort : l’agriculture paysanne : solution au réchauffement climatique ?
Après trois courtes vidéos présentant les enjeux, plusieurs intervenants ont démontré l’importance majeure de l’agriculture paysanne dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Retour sur cette soirée en présence de Benoit Biteau (Paysan Agronome), Eric Kerneïs (Directeur de l’INRA de Saint Laurent de la Prée), François Gastal (Directeur de recherche à l’INRA et membre d’AcclimaTerra), Jean François Périgné (Trésorier National de la Confédération Paysanne et témoin dans « L’affaire du siècle ») et Sophie Raspail (Responsable de projets Agriculture et biodiversité à la Ligue pour la Protection des Oiseaux).
Pour François Gastal, Directeur de recherche à l’INRA et membre d’AcclimaTerra, il est urgent de trouver des solutions d’adaptation au réchauffement climatique. Il nous livre quelques éléments de compréhension, à partir de l’étude d’AcclimaTerra menée en Nouvelle Aquitaine, cette région étant la première région agricole au niveau national et européen sur le plan économique.
Avec le réchauffement climatique, la production végétale va s’accentuer, mais la présence des bioagresseurs aussi. Les dates de semis seront  avancées, les cycles raccourcis et les besoins en eau accrus.
Dans cette perspective, plusieurs leviers d’action peuvent être identifiés :
– la nécessité de sauvegarder les prairies, qui rendent d’importants services écologiques, notamment par leur rôle de stockage de carbone dans le sol
– la culture des légumineuses, fixatrices d’azote
– pour le département de Charente-Maritime, il faudra adapter les productions à l’évolution du climat et à l’augmentation des températures, notamment en allant chercher du matériel génétique méditerranéen, qui pourra s’adapter au climat charentais.
– une bonne isolation des bâtiments est primordiale pour optimiser les ressources énergétiques
– le développement de la méthanisation à partir de l’utilisation des fumiers et lisiers de fermes d’élevage permettra de diversifier la production d’énergie (avec un impératif à prendre en compte : ne pas tomber dans les dérives de la méthanisation)

 

Eric Kerneïs, Directeur d’unité expérimentale à l’INRA, travaille lui sur une ferme expérimentale de Saint Laurent de la Prée, et s’intéresse précisément au développement d’une agroécologie en marais. Les cultures sont dans cette région susceptibles d’être submergées par les crues.
Saint Laurent de la Prée est une station climatique. Alors que la température moyenne était de 12,5 degrés avant les année 90, on constate qu’elle est à présent toujours supérieure, et le niveau de la mer s’est élevé d’environ 20 cm.
La seule option pour nous est de s’adapter, se diversifier : mélanger les variétés, associer des légumineuses et des céréales, et… lorsqu’on en a, préserver les marais, qui gardent l’herbe verte plus longtemps. Compte tenu des sécheresses durant l’été, il est important de ne pas chasser l’humidité pendant l’hiver et de préserver les roseaux.
Les marais ont un rôle important à jouer dans l’adaptation au changement climatique.
Benoît Biteau, paysan agronome, a ensuite mentionné deux principes fondateurs autour de l’agriculture :
– territorial : l’agriculture occupe 70% de l’espace qui nous environne. Il faut cesser d’utiliser le mot « exploitation » lorsque l’on parle d’une agriculture respectueuse des terres et de la faune. « Nous sommes paysans, et non exploitants. »
– citoyen : l’agriculture est une activité qui perçoit énormément d’argent public ; les paysans ont donc des comptes à rendre aux citoyens. Il y a une dimension de contrat à respecter avec la société.
L’un des grands sujets est bien sûr celui de l’eau : l’agriculture utilise 80% de l’eau douce, mais surtout pour arroser les monocultures de maïs qui nourrit les bovins. Les prairies ont été retournées pour faire du maïs, et ceux qui en produisent perçoivent plus d’aides de la PAC que les autres. Ceci est une fausse bonne idée.
On constate également que les pesticides tuent les insectes. Par conséquent, les oiseaux n’ont plus suffisamment à manger et disparaissent peu à peu (voir à ce sujet l’émission de France culture). La biodiversité est fondamentale, elle est l’alliée des agriculteurs.
La lutte pour les semences est aussi primordiale : les semences hybrides rendent les paysans complètement dépendants, à la fois à l’achat de graines chaque année, mais aussi à celui des pesticides, leurs semences étant conditionnées pour un certain type d’agriculture. Il ne faut plus acheter de graines aux semenciers, mais travailler avec les écotypes, avec les variétés adaptées au milieu où nous produisons. Nous devons sortir de la logique de subvention et passer à celle de rémunération.
Jean-François Périgné, trésorier national de la Confédération paysanne, intervient ce soir comme témoin dans l’Affaire du siècle, une action en justice climatique menée envers l’Etat, pour manquement à ses engagements climatiques pour protéger nos vies, nos territoires et nos droits.
Jean-François Périgné, également mytiliculteur sur l’île d’Oléron, nous parle de l’état alarmant de la mer et de l’alimentation dans l’eau : « nos moules meurent en restant dans leur milieu naturel, et « on ne peut pas les emmener ailleurs ». Le phytoplancton se fait rare (disparition à près de 40% depuis les années 1950), les moules maigrissent ; le dérèglement de la pluviométrie modifie considérablement la quantité et la qualité d’eau douce, menant à des phénomènes brutaux de dessalure ou au contraire, d’augmentation de la salinité. Dans le même temps, la quantité d’eau douce qui arrive en mer atteint un taux de toxicité plus élevé, avec une forte concentration des pesticides.
On assiste également à une accélération du rythme et de l’intensité des tempêtes centennales, qui de fait se produisent plus régulièrement que tous les 100 ans (ouragan Martin fin 1999, avec ses rafales à 198 km/h sur l’île d’Oléron, tempête Klaus en 2009,  puis Xynthia en 2010). 2014 débuta avec 14 avis de tempêtes en Charente maritime entre janvier et février, soit une tempête tous les deux jours. De nombreux oiseaux sont morts d’épuisement, et nous avons perdu 98% de notre cheptel de moules (20% de la production française).
Face à ces bouleversements climatiques, il n’y a pas « d’assurance mer ». Celle-ci est indomptable. Il faudrait d’ailleurs penser à une sorte de sécurité sociale climatique.
Comme le rappelait Erik Kerneïs, le rôle que peuvent jouer les marais est primordial : ils absorbent les surplus d’eau, et constituent des réserves d’eau douce, alors même que l’on assiste à une salinisation progressive des eaux. L’île d’Oléron, par exemple, n’est pas autonome en eau douce.
Alors que le niveau de la mer et des océans monte, l’urbanisation est mal pensée, mal placée.
La question des pesticides est alarmante aussi. On observe encore des conséquences de l’atrazine, pourtant interdite depuis 2003. Qu’en sera-t-il du glyphosate ?  Il faut anticiper les conséquences de ces produits. Les observations d’aujourd’hui sont liées aux actes d’il y a 15/20 ans.
Nous irons jusqu’au bout de l’Affaire du siècle. Les Etats doivent respecter leurs engagements.
Pour terminer, Sophie Raspail nous parle du programme actuellement en cours, lancé par la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Des terres et des ailes part du constat que les espèces d’oiseaux les plus éteintes sont celles des milieux agricoles. Les pesticides tuent les sols et les insectes, dont se nourrissent les oiseaux. La monoculture et l’urbanisation mènent à la raréfaction des habitats des oiseaux, et impactent fortement la biodiversité et l’écosystème.
Pollutions diverses, disparition, dégradation des milieux, urbanisation, appauvrissement des sols, homogénéisation des paysages, perte de l’habitat et de la nourriture : un tiers des oiseaux a disparu depuis 15 ans.
Nous devons à présent agir à grande échelle : accompagner les agriculteurs pour favoriser des aménagements favorables aux oiseaux. Le programme Des terres et des ailes propose différents aménagements en fonction des espèces, pouvant servir « d’auxiliaire de culture ». N’hésitez pas à vous renseigner et à vous inscrire : https://www.lpo.fr/actualites/des-terres-et-des-ailes-reinstaurons-la-biodiversite-dans-nos-campagnes
Cette soirée, organisée dans le cadre d’un financement européen « La PAC: trait d’Union entre paysan.ne.s et citoyen.ne.s« , a été l’occasion de rappeler l’importance de la PAC comme moyen de subsistance aux paysans aujourd’hui. Le vrai problème est celui de la transcription française de la PAC, l’argent ayant bien été versé par l’Union Européenne, mais restant dans les caisses de l’Etat français au lieu d’atterrir sur le compte des paysans, qui vivent pour bon nombre d’entre eux dans des conditions extrêmement précaires. C’est pourquoi, la Confédération paysanne interpelle le ministre de l’agriculture.

Nota bene

Deux jours plus tard, la Confédération paysanne publie un communiqué : Retards PAC : le Ministère ouvre enfin les yeux sur les problèmes de trésorerie des paysan-ne-s !.
Comme quoi… On avance ! Ne baissons pas les bras !

 

Cagnotte de solidarité avec les paysan(ne)s Morbihannais dont les installations ont été vandalisées,

Depuis mi décembre, une série d’actes de vandalisme touche des paysan(ne)s, maraîchers et éleveurs du sud Morbihan : plusieurs milliers de plants de légumes coupés et laissés sur place, des bâches de tunnels lacérées ou encore des bottes de foin brûlées et des bâches de protection de tas de foin détruites.
A travers ces actes, c’est l’outil de travail qui est touché, le revenu de l’agriculteur qui est menacé et parfois l’avenir des fermes qui est en jeu avec des dégâts atteignant plusieurs milliers d’euros par site. Les agriculteurs ont porté plainte, et un suspect a été arrêté. Mais la plupart du temps les agriculteurs ne sont pas assurés individuellement contre ce genre de sinistre car les coûts sont trop élevés, et puis lorsqu’il y a indemnisations, elles sont longues à venir ce qui met les fermes en difficulté.
Pour soutenir les paysans touchés par ces dégradations la solidarité doit prendre le relais. La Confédération Paysanne et les AmiEs de la Conf’ du Morbihan vous invitent à venir en aide financièrement aux paysan(ne)s impactés.
Nous ouvrons cette cagnotte en ligne jusqu’à la fin du mois de février, période à l’issue de laquelle nous répartirons l’argent collecté entre les paysan(ne)s au prorata des dégats de chacun. Nous nous engageons à en rendre compte à chaque participant ainsi qu’au public à la fin février.
Modalités :
Avoir une carte bancaire (carte bleue, visa, mastercard) avec le numéro de carte, la date d’expiration et le code de vérification à 3 chiffres. Ce sont des paiements sécurisés.
Pour en savoir plus sur ces actes de vandalisme :

LETTRE TRIMESTRIELLE N°50 – JANVIER 2019

« Élections Chambres d’agriculture », « Formations », « Conseil d’Administration de début d’année », « Marchés paysans », « DG Agri », « Intervention des Amis à Montpellier, lors du séminaire Démocratie alimentaire« , « Campagne Décidons de notre alimentation !« , « L’Empire de l’Or Rouge – Projection débat », « Actus GCO : Grand Contournement Ouest de Strasbourg », « VIVEA : l’aventure… », et l’agenda jusqu’à début Avril, avec de nombreux évènements à venir !

Formations, marchés paysans, semaine de l’agriculture paysanne, on ne chôme pas et on espère vous y retrouver !

 

Bonne lecture !

 

Téléchargez la lettre trimestrielle n° 50 de janvier 2019

 

1000 mercis pour votre soutien au combat de la Confédération paysanne contre l’industrialisation de l’agriculture.

Agriculture industrialisée, alimentation dénaturée… environnement saccagé !

120 000 euros pour soutenir le combat de la Confédération paysanne contre l’industrialisation de l’agriculture : l’objectif est enfin atteint grâce à vous !!

 1000 mercis !!

 

En 2013 et en 2014, la Confédération paysanne lors de deux actions non violentes alerte l’ensemble de la société sur les dangers de l’industrialisation de l’agriculture, en démontant symboliquement quelques éléments de la future salle de traite de la ferme-usine des 1000 vaches en construction. La justice a reconnu cet acte comme « symbolique et relevant d’une action de lanceurs d’alerte ». C’est pourtant suite à cette même action que 6 militants de la Confédération paysanne ont été condamnés au civil le 13 septembre par le tribunal d’Amiens à « dédommager » de 120.000€ la ferme-usine des 1000 vaches !

 

Cette ferme-usine qui affiche clairement que sa production principale est celle de fumier et de lisier destinés à la méthanisation, plaçant le lait comme un sous-produit des déjections animales, est le symbole même de la dérive qui, avec la connivence des industriels de la filière laitière, met les paysannes et paysans sur la paille. Elle est la concrétisation de la doctrine de regroupement et d’agrandissement des filières qui se développe dans notre pays ; doctrine ouvertement soutenue par la « tête pensante » du syndicat agricole majoritaire : « Il existe des fermes de 4700 vaches en Roumanie. Mon fils y travaille. Elles sont dans des conditions remarquables », déclarait Christiane Lambert le 20 janvier 2018 sur TV5. Contrairement à cette déclaration, 1000 vaches dans un hangar, ce n’est pas notre conception du bien-être animal.

 

Grâce à votre soutien, de belles victoires ont déjà été remportées : la ferme des 4000 taurillons à Digoin en Saône-et-Loire a reçu un avis négatif du commissaire enquêteur, le projet de la ferme du Poiroux avec 23000 cochons aux Sables-d’Olonne en Vendée a été abandonné, tout comme la ferme des 12000 porcs à Saint-Symphorien-en-Gironde ou la ferme de Mont de 2500 vaches et chèvres en Indre-et-Loire…

Nous tenons encore  à remercier ici celles et ceux qui par leurs dons et leur générosité ont permis d’atteindre les 120.000 euros pour payer les dommages et intérêts iniques réclamés à la Conf par la société Ramery dans l’affaire de la ferme usine des 1000 vaches.
Grâce à cette solidarité, grâce à vous, plus de moyens pourront être utilisé-e-s pour lutter contre l’agriculture industrielle et ses ravages, et pouvoir proposer une agriculture à taille humaine et une véritable démocratie alimentaire.

 

C’est de notre alimentation qu’il s’agit ! Ensemble, pour le projet de l’agriculture paysanne contre l’industrialisation de l’agriculture